L’Oeuvre de Darwin: De l’origine des espèces

Voici donc venue l’heure de la critique d’un ouvrage majeur pour l’humanité dans sa compréhension du vivant. Je ne m’attellerai ici qu’a la version finale de son ouvrage qui se déroulera sous forme d’une thèse défendue bec et ongle à une époque où l’humanité commençait à découvrir avec stupéfaction le résultat d’une collaboration d’êtres extraordinaires s’étant donnés pour objectif de comprendre le fonctionnement des espèces. On y découvre la violence des thèses s’entrechoquant à coup d’arguments nés d’un nombre incalculable de tests et d’observations quant à l’évolution des espèces.

Il faut comprendre que l’œuvre de Darwin n’est pas l’œuvre d’un seul homme comme il aime à le faire remarquer, mais est en réalité le fruit de l’interdépendance de nos plus illustres Sapiens. Le contexte se situe il y a un peu moins de 200 ans avec peu de moyens techniques, mais une très forte volonté de savoir.

Darwin défendra donc la théorie de l’évolution ou sélection naturelle validée par la persistance du plus apte. Il est important tout de suite de distinguer « sélection naturelle » qui définit la succession des évolutions propres à une espèce donnée puis la « persistance du plus apte » qui n’est d’autre que la survivance de cette évolution dans la chaîne alimentaire permettant de la valider par hérédité via la « sélection sexuelle ».

Darwin écrivit l’intégralité de l’ouvrage en ayant toujours en tête que chaque ligne de celui allait être scruté puis critiqué, car la théorie dominante de l’époque voulait que certaines espèces fussent crées spontanément, théorie démontée pièce par pièce par notre fabuleux naturaliste à coup de longues expériences sur la faune et la flore de son époque. Chacune de ses expériences s’imbriquant les unes dans les autres avait en effet un double objectif :

  • Valider la théorie de la sélection naturelle
  • Démonter la théorie dominante ou toute autre objection connue.

Darwin en effet prend les objections des ses confrères très à cœur, au point qu’un chapitre entier leur sont consacrées ou il les met en face de leurs incohérences confortant au passage sa théorie, car bien plus qu’un naturaliste de génie c’est aussi un maître de la rhétorique utilisant de nombreux stratagèmes dialectiques aussi construits que ses vastes expériences sur la nature. Il tentera toujours cependant malgré le fait qu’il soit sûr d’avoir raison au vu des faits de laisser une porte ouverte au dialogue faisant preuve en toute situation d’une courtoisie bien enviable.

On comprend que Darwin vivait dans un monde similaire au nôtre quand on analyse les sujets de ses expériences qui ne sont autres que des espèces basiques de nos contrées tels le pigeon, la poule ou encore le trèfle rouge. Il sera toutefois amené à voyager pour augmenter ses connaissances de la compréhension du monde.

Nous aurons droit à des expériences de reproduction sur animaux et végétaux pour démontrer le caractère héréditaire des spécificités acquises, mais aussi pour comprendre que l’histoire des espèces ne peut se faire que par généalogie. Nous noterons l’extrême minutie lors de ses observations ainsi aucun détail ne sera négligé. Cette rigueur provient sans nul doute des nombreux conflits liés à la thèse défendue.

Darwin va plus loin, il tentera dans cet ouvrage d’avoir une vision globale sur le monde du vivant, très humble il admettra volontiers qu’étant donné la complexité du sujet traité, il peut se tromper sur certains détails, mais aucunement sur le fond au vu des preuves apportées dans l’ouvrage. On observera un cas parfait de « Observe & report » ou l’art d’observer sans jamais émettre d’opinion personnelle.

Nous arriverons ensuite à la classification des espèces. Ou Darwin par rapport à ses observations passées tente de définir des principes quant à l’évolution des espèces durant un temps donné, travail au demeurant remarquable étant donné la complexité de la variation des espèces, variété, genre, sous-genre ainsi que du peu de moyens mis a disposition en ces temps reculés. Il en arrivera même à tenter de prédire les variations d’une espèce se croisant entre diverses variétés.

Il argumentera aussi le manque d’homogénéité dans la définition d’ espèce, variété ou genre, car force est de constater qu’à cette époque les naturalistes du fait de la non-compréhension du système évolutif des espèces, n’arrivaient pas à les classer correctement ni même à leur instaurer une définition globale.

En outre, il démontrera aussi au travers d’observations du milieu aquatique que les évolutions des espèces ont pour uniquement but une meilleure survivance de celle-ci. Les fans de Schopenhauer auront aussi souligné le stratagème dialectique qui a pour but d’utiliser une phrase en latin dans le but de conforter son propos au travers d’antiques images telles que « Natura non facit saltus. » Où « la nature ne fait pas de bon » qui servait à argumenter sur le fait que les espèces évoluent progressivement et non spontanément par quelques miracles non fondés en complète dissonance avec la présente théorie. Thèse sur la création spontanée défendue par Mr Mivart critiquant ouvertement les écrits ultérieurs de Darwin, Charles y consacrera d’ailleurs une bonne partie de son chapitre sur les objections diverses quant à l’évolution progressive des espèces via un ancêtre commun.

Il faut comprendre que notre naturaliste préféré ne cherche pas l’origine de la vie, très loin de là, mais recherche le principe d’évolution de celle-ci, et c’est sur ce récif linguistique ou beaucoup de piètres contestateurs échouèrent leur fébrile barque de la création spontanéité des espèces.

Tout au long du livre Darwin s’efforcera de souligner l’apparition progressive des variations résultant d’une course contre la mort dont selon Darwin est une des composantes les plus importantes de la survivance du plus apte ou la l’invalidation par la vie moult variations nouvellement conçues.

On notera que l’étendue de son travail dépasse de beaucoup ce maigre format de quelque 630 pages. Il s’en plaint d’ailleurs à de multiples reprises ne pouvant y insérer l’intégralité de ses recherches.

Tout un chapitre sera consacré à l’instinct ou Darwin tentera d’en apercevoir les mystères via la généalogie et l’hérédité des espèces sauvages au domestique via diverses expériences et somptueuses observations.

Un des arguments avancés par ses détracteurs fut dans le domaine de la géologie ou diverses naturalistes mentionnaient que l’on ne retrouvait pas les variations successives dans les différentes couches terrestres, malgré le manque de moyen Darwin rétorque en décrivant la tectonique des plaques dans le but de montrer le chevauchement des couches terrestres induisant ses scientifiques en erreur. Il affirmera aussi que des mers étaient continent et vice versa en des temps reculés, de par ce fait, les espèces avaient migré. Migration d’ailleurs longuement étudiée grâce aux nouvelles connaissances sur une ère glacière s’étant abattu sur le monde produisant une migration de masse des espèces. On adorera la métaphore de Darwin ou celui-ci explique que tenter de comprendre la théorie de l’évolution par la géologie reviendrait à lire le dernier Tome d’un livre pour en connaître le début dans un dialecte en perpétuel changement sur un support lui-même en perpétuelle évolution, cela donnerait un charabia incompréhensible en termes de généalogie des espèces.

On remarquera aussi que la préservation d’une variété n’est pas souvent due au climat, mais aux frontières terrestres ou océaniques naturelles, on constatera aussi avec émoi qu’une graine peut survivre plusieurs semaines dans l’eau salée ou dans le jabot d’un oiseau migrateur puis germer si les conditions s’y prêtent, ce qui explique le déplacement rapide des végétaux dans le temps.

La thèse de Darwin sur un ancêtre commun sera longuement argumentée via des observations sur les fœtus, embrayons et nouveau-nés ou l’on s’apercevra qu’ils ont de grandes ressemblances au stade embryonnaire puis varient à un moment donné, Darwin démontrera en outre que les moments ou se développent les variations transmises par l’hérédité se reproduisent au même moment chez la descendance, on parlera donc de conservation par l’hérédité.

Darwin un peu désabusé par ses confrères embourbé dans la bien penssance ecclésiastique malgré sa courtoisie lance un appel à la génération future de naturaliste dans le but de continuer dans cette voie fraîchement débroussaillée. Il finira par une conclusion émouvante sur la beauté de la vie en prenant en compte son parcours généalogique qui forcera chez l’être évolué un respect accru pour la vie, il terminera par une déduction analogique ultime ou nous descendrions tous d’un prototype unique ayant évolué dans diverses directions au fur et à mesure des âges.

Il faudra saluer aussi le combat scientifique d’un homme face à la masse du commun, de la solitude endurée durant ses longues observations pour au final ne recevoir parfois que de vulgaires objections dénuées de tout fondement. Saluons son courage aussi grand que sa précision il est la preuve que dans l’humanité aussi la loi de Pareto s’applique. Un homme ayant choisi de sortir de sa zone de confort pour naviguer dans les eaux troubles de la vérité risquant au passage une complète désocialisation, l’humanité ouvrant tout juste les yeux sur son glorieux passé et ayant remporté victoire sur victoire depuis des millions d’années dans le grand match de la survivance du plus apte.

Conclusion :

Ce livre est indispensable à tout humain voulant comprendre son environnement ainsi que sa généalogie lointaine, mais il sera aussi très utile aux jardiniers, botanistes, éleveurs de tous poils, car sont ici décrits avec précision les mécanismes de reproduction et de conservation de variation d’une espèce. Charles demeurera à jamais un grand homme et il est d’autant plus triste que moins de 200 ans plus tard, tant d’êtres humains ne comprennent toujours pas cette vérité.

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