L’Antéchrist de Friedrich Wilhelm Nietzsche

Voilà un des ouvrages les plus aboutis de notre plus fervent athée dénommé Mr Nietzsche. Il faut bien avouer que je n’étais pas habitué à lire d’ouvrage aussi construit de cet auteur, car non, cette fois l’écrivain ne partira pas au plus profond de ses pensées en les retranscrivant telle quelle sur papier ce qui donnait de temps à autre une image de brouillon voir de brainstorming. L’œuvre a pour thème la religion et surtout la chrétienté et jusqu’au bout, l’ouvrage s’en tiendra là pour le plus grand bonheur du rationalisme cognitif.

L’auteur s’en prendra donc encore une fois à la chrétienté, mais passera cette fois-ci du fusil à la sulfateuse. Il faut comprendre tout d’abord que le philosophe est un militant d’une humanité forte. En observant ces congénères et il chercha à comprendre pourquoi les Européens étaient devenus aussi faibles et après moult réflexions une des causes premières fut pour lui l’enfant handicapé né de l’Ancien Testament, j’ai nommé : le christianisme.

Outre passer ces propos très durs envers les fondements spirituels contemporains de l’Europe, Nietzsche développera cette fois une argumentation travaillée et soignée afin de soutenir sa thèse. Que l’on soi croyant ou non, la structure de ce livre est excellente et en fait un des ouvrages les plus matures de l’auteur. De nombreuses réflexions brillantes y seront transcrites comme la matérialisation du nihilisme autre travers d’une entité divine, le détournement du pouvoir émanant de la croyance par les ecclésiastiques ou la comparaison entre la religion d’un peuple comme le fut le judaïsme et la religion de la lâcheté universelle comme la chrétienté. Cependant historiquement ce n’est pas tout à fait vrai, car le Judaïsme comme écrit dans l’Ancien Testament a soudé une multitude de tribus diverses en un peuple uni au travers de cette croyance et finalement ce n’est pas si différent du christianisme qui a tenté de faire de même en tentant de rallier l’intégralité des communautés du continent européen en une seule entité unie. Ce mécanisme de création d’entités afin d’augmenter la cohésion collaborative des Sapiens est très bien expliqué dans le livre de Sapiens, une brève histoire de l’humanité.

On se rend compte que Nietzsche ne veut pas parler librement du judaïsme du fait qu’il pourrait y avoir un amalgame avec l’antisémitisme. Cet écrit date d’une époque ou en effet il était intelligent de ne pas mettre d’huile sur le feu, ce peuple étant déjà sur la sellette en Allemagne pour diverses raisons. Il est clair que le commun du vulgaire ne ferait aucune différenciation entre un peuple et la critique de sa religion, il modéra donc la critique de cette religion qui a tout de même plus d’égard à ses yeux que le christianisme qu’il a en horreur.

L’auteur décortiquera toutes les incohérences de la chrétienté en citant majoritairement Saint-Jean nous sentirons en revanche une profonde affection pour le bouddhisme et la méditation qui sont selon lui un retour à la préoccupation personnelle plutôt qu’au nihilisme collectif matérialisé en un dieu.

En conclusion, c’est un ouvrage courageux qui aurait été sans doute interdit de publication de nos jours sous couvert d’incitation à la haine alors que la vérité ne fut qu’une simple incitation à la raison. Force est de constater que plus de 100 ans ont passé depuis cet ouvrage et que l’avilissement de l’Europe continue grâce à la descendance spirituelle du christianisme : le socialisme dont Nietzsche y fait une brève allusion dans l’ouvrage.

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