Dieu et l’État de Michel Bakounine

Livre politique traitant de l’état ainsi que de la religion. L’auteur ferait presque passer Friedrich Nietzsche pour un pieu chrétien analphabète, oui dans ce livre l’auteur va développer une argumentation sur les tromperies de la religion judéo-chrétienne à faire pâlir tout écrivain ayant traité jusqu’à lors du sujet. Toute la propagande religieuse y sera décortiquée historiquement, techniquement et idéologiquement pour enfin rebondir sur la succession de cette entité : l’état.

Dans un premier temps, attardons-nous sur la réalisation du livre et de son organisation. C’est tout simplement un concentré d’intelligence injectée sur papier à tel point que l’on se demande si le livre n’était pas humide lors de sa finalisation tellement la matière grise devait suinter de toute page. Évidemment, on pourrait dans un premier temps facilement dire que démonter la thèse de la genèse et autres idées farfelues issues du culte de Jéhovah par des théories naturelles, scientifiques ou matérialistes sont choses aisées, mais l’auteur va plus loin, il coupe l’arbre du culte, le déracine puis creuse un trou, y verse du xylophène puis rebouche le tout en y coulant de béton armé pour enfin y construire une librairie. Voici un livre structuré, bien écrit ou le rationnel et l’objectivité sont en permanence aux côtés du lecteur.

En début d’ouvrage, l’auteur s’attardera donc sur la religion, son histoire depuis sa création en terre hébraïque jusqu’à sa propagation sous l’Empire romain sur l’ensemble de l’Europe en passant par la Grèce et ses multiples divinités. Nous analyserons sous l’œil bienveillant du rationalisme l’impact sur les peuples et la politique de ces entités idéologiques.

S’en suivra la promotion d’idées politiques pour la plupart brillantes et applicables ne pouvant s’établir qu’une fois que religion et étatisme politique éradiqués. L’écrivain nous dévoilera tout un programme afin de mener nos sociétés vers une croissance plus vertueuse ou des taches seraient uniquement attribuées aux personnes ayant les qualités requises à l’exécution parfaite de celle-ci (quid des personnes ne servant à rien ou ne savant rien faire ?). Certains voient en cet homme un anarchiste, mais la vision développée de l’auteur dans cet ouvrage n’a rien d’anarchique, car finalement chacun serait leader dans son domaine de prédilection ce qui rendrait le modèle sociétal bien plus efficient, mais cela en fait au contraire un système bien plus organisé que ceux actuellement en place ou une auto discipline de fer serait indispensable à son bon fonctionnement, nous sommes donc très loin des revendications de nos bobos à capuche noire, car par exemple dans le système décrit ici, il pourrait très bien y avoir le capitalisme, ses banques et ses traders. Il n’est nullement évoqué par l’auteur un vaste KO ou chacun déciderait de tout sans aucun bon sens. Au contraire sa vision semble ressembler au système Peer to peer ou chacun disposerait de quelques paquets bien définis à donner sur demande précise en cas de besoin précis. Il s’approchera de certaines idées du communisme mais les expériences politiques contemporaines qu’il n’a pas connu de son vivant lui donneront tort, cependant dans l’ensemble il ne serait pas absurde de puiser dans quelques-unes de ses idées, car cet écrivain était très loin d’être un imbécile.

En conclusion voilà une belle surprise, car cet auteur est vraiment remarquable au point de vue de la structuration de son modèle sociétale, mais aussi par ces qualités littéraires à expliquer d’une manière des plus pragmatiques ses idées. Il nous restera à approfondir son œuvre au travers de ces autres ouvrages.

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