Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde

Ce livre se présente sous forme de dialogue entre Jaques généreux et un élève imaginaire désirant apprendre les bases de l’économie. Il faut avouer que cet élève ne sera pas du tout contrariant, et malgré des questions intéressantes ira toujours dans le sens du maître, il manque légèrement de personnalité. Le contenu expliqué par le maître à son disciple aura pour but d’expliquer (et surtout critiquer) les différents courants de pensées économiques et leurs actions concrètes au sein des états durant les décennies passées ainsi que leurs effets sur le monde (cela ira du simple ouvrier jusqu’à la multinationale).

L’économie nous dépasse un petit peu, car elle doit prendre en compte pour être au plus juste une multitude d’interactions sociales s’imbriquant les unes dans les autres et ayant une part d’influence variable sur leur voisine donnant un système de démultiplication tridimensionnelle de variabilité. Étant donné que nous sommes incapables pour le moment de faire des calculs tridimensionnels ni même d’avoir accès à l’intégralité des valeurs et zone d’influence de ses interactions, l’économie est une source infinie de dispute étant donné son approximation et sa complexité.

En lisant cet ouvrage nous analyserons les différents courants de pensées économiques s’entrechoquant au gré des grises, l’auteur lui-même est la plupart du temps en désaccord avec les politiques économiques passées et proposera bien entendu sa propre vision qui elle-même sera soumise à critique. Finalement on s’aperçoit que le principal bénéfice de ces théories est l’obtention d’un consensus globale qui créera une prophétie auto réalisatrice permettant ainsi de normaliser les concepts d’intégration commerciale, l’économie serait un petit peu comme une religion avec ces différents gourous et prophètes créant des valeurs communes stabilisant les interactions sociales.

Revenons quand même au contenu de l’ouvrage, tous les mécanismes économiques y seront expliqués clairement même si cela est parfois indigeste de la création de la monnaie aux acteurs des taux de change jusqu’au trading des matières premières influant sur le paquet de riz du jeune thaïlandais. Ce qui rendra l’ouvrage complexe n’est pas forcément forcement la description des outils économiques utilisés par les états ou intervenants financiers, mais l’interprétation de ceux-ci par les différentes écoles de pensée économique s’entrechoquant sans cesse dans l’ouvrage.

Pour bien le comprendre, il faudra donc distinguer la partie historique de la partie technique, mais aussi de la partie philosophique. Sachant qu’en plus ces mécanismes décrits sont à placer dans des contextes usuels très précis ne pouvant donc être remployés de manière universelle.

Au final voilà un ouvrage complexe tentant de mettre sur papier les interactions commerciales des Sapiens par des théorèmes. Comme toute science économique, les propos de l’auteur sont à prendre avec subjectivité étant donné l’incapacité de l’homo economicu à imbriquer les trilliards de trilliards d’interdépendances du monde actuel pour en faire ressortir une théorie générale. Finalement, lire ce livre est un peu comme lire la genèse de l’Ancien Testament pour comprendre l’apparition de l’homme sans avoir connaissance de l’ouvrage de Darwin. Le problème étant que ce Darwin de l’économie n’existe pas encore à notre connaissance, mais que l’être humain comme à son habitude faute de savoir, théorise sur tout et n’importe quoi. Cependant, soulignons l’importance de la volonté de comprendre, car la théorisation de l’économie contemporaine n’est qu’un échec temporaire qui sera un jour ou l’autre couronné de succès par un esprit supérieur (et bien humain).

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