La Richesse des nations de Adam Smith

Tout d’abord il faut comprendre que contrairement à ce qui est vendu dans le commerce actuel sous forme de synthèse en un seul livre, l’œuvre économique originelle d’Adam Smith est composée de 5 tomes ou chacune des lignes écrites est nécessaire à la compréhension de la suivante. Pour comprendre la pensée économique du père fondateur du libéralisme anglais, vous devrez lire l’ensemble de ses 5 tomes. Bien qu’ayant été écrit vers 1720 au royaume uni, cet ouvrage signe le début de la transformation économique du monde vers le capitalisme et libéralisme.

Cet ouvrage d’un point de vue sémantique ressemble énormément à celui de Darwin sur l’origine des espèces. L’auteur très loin des théories contemporaines décorrélées de toute réalité va tenter de comprendre par le bon sens le mécanisme économique du monde au travers de toute une série d’analyse et de description des interactions commerciales ayant lieu en Europe et aux anciennes colonies britanniques (actuels USA). C’est aussi un ouvrage d’histoire, car nous apprendrons une multitude de choses sur la vie commerciale au 18e siècle.

Adam Smith remontera toute la chaîne économique des civilisations avec pour objectif d’y déceler tous les éléments freinant la croissance et la productivité. Le but avoué de l’économiste est la recherche de l’optimisation de l’économie de sa nation et il engagera à ses fins un travail colossal. Cela partira des différents éléments pouvant influer sur la culture de la terre et l’accroissement du rendement jusqu’à la gestion des systèmes d’imposition des colonies.

La première grande idée de l’auteur est le capital, celui-ci servant à faire fructifier ses entreprises. Autour du thème du capital, l’économiste tentera de faire apparaître toutes les interactions positives ou non influant sur celui-ci avec toujours comme but final de faire prospérer la nation. Comme exemple d’interaction, nous pourrons aisément citer l’imposition, la politique, l’ouverture des frontières, le degré de liberté de l’individu, etc.

Ensuite de toutes ses forces, l’auteur viendra à combattre le monopole, ce combat reviendra d’ailleurs tout au long des 5 tomes. Adam Smith en effet montrera clairement à coup de faits historiques, de démonstrations ou de thèse que le monopole dont jouit une entreprise sur un secteur provoque inévitablement l’affliction du peuple et la stagnation de la nation dans ce secteur.

Très lié aux monopoles marchands et toujours d’actualité, l’économiste démontrera aussi que les droits de douanes et réticences des états à s’ouvrir à la concurrence mondiale provoquent inévitablement un dépérissement de leur marché intérieur tout en nuisant à l’exportation des biens.

L’auteur reviendra aussi sur les systèmes d’impositions des nations et tentera d’y déceler les avantages et inconvénients avec pour finalité de proposer quelques idées raisonnables afin que l’état puisse subvenir à ses besoins tout en conservant la dynamique de croissance de la nation ce qui même en 1720 n’était pas chose aisée en Europe.

Toute une série de types de commerce en Europe y sera analysée afin d’y détecter les facteurs influents, nous partirons aussi dans l’océan monétaire avec une revue historique complète de la création du système monétaire depuis l’argent antique jusqu’au papier monnaie des colonies britanniques et des influences qu’ont pu avoir les politiques sur celles-ci. La gestion des matières premières d’une nation y sera aussi longuement décortiquée, celle-ci influant de manière importante dans la prospérité de la nation.

Une partie sera ensuite consacrée à l’humain. Il faut comprendre que le libéralisme est né de la conscience qu’une personne libre d’entreprendre et de détenir du capital soit plus productive qu’une personne n’ayant aucun bien ou ayant son activité trop restreinte. Et dans cet ouvrage, grosse déception pour les utopistes de l’humanité, nous apprendrons après étude des différents cas que la productivité d’un homme libre détenant un capital obtient un meilleur rendement marginal malgré son salaire qu’un esclave ne disposant d’aucun salaire ni capital. L’auteur en conclut que l’esclavage n’est pas viable économiquement, il faudrait donc que les esclaves disposent d’un capital et soient libres de récolter une partie des bénéfices afin de pouvoir travailler plus durement et ainsi faire croître le rendement marginal. Cependant je tiens à rassurer certaines communautés lisant ces lignes, cette première forme d’esclavage décrite par l’auteur n’est autre que le fermier féodal ne disposant ni de sa terre, ni du matériel, le tout appartenant à son seigneur, c’est à ce moment ou les économistes comprennent que si l’ont veut une amélioration du capital (la terre) nous devrions en rendre les fermiers propriétaires et leurs laisser une partie des bénéfices afin qu’il se tue à la tâche dans le but de faire fructifier ce capital. Mais tout n’est pas si fâcheux dans le libéralisme, car même s’il n’est pas parfait c’est sans doute la forme la plus paisible de croissance pour l’être humain depuis la féodalité. Le libéralisme comprend les thèmes cités ci-dessus, à savoir l’anéantissement des monopoles, la possibilité de capitaliser et la liberté de commercer librement à travers le monde et cela passe obligatoirement par l’émancipation des Sapiens.

L’auteur tentera aussi de comprendre les réactions humaines faces à différents scénarios politiques, de taxation ou commerciaux afin de filtrer les meilleures solutions afin d’obtenir le terreau le plus fertile à la prospérité de la nation.

Conclusion :

Au final, ces livres sont la base de ce qui a réellement fait prospérer le Royaume-Uni et ses colonies au travers des siècles suivants. L’être humain a tenté de comprendre et d’optimiser ses inters dépendances si propres à son espèce (et qui ont d’ailleurs fait son succès dans la confrontation à Néandertal) . De là a découlé toute une série de règles afin d’optimiser la croissance et la prospérité de la nation. On peut voir de nos jours que la plupart des anciennes colonies britanniques comme les états unis, l’Australie, la nouvelle Zélande ont tous bien plus prospéré que les colonies fondées par les autres nations européennes, car le royaume uni en 1700 avait déjà une stratégie économique évoluée et avait compris que la réussite d’une nation était en premier lieu liée à la qualité de sa terre puis à son système économique.

Ce livre est une mine d’or d’information, l’auteur a fait un travail remarquable. Il est rassurant de voir que les fondements de l’économie modernes sont intimement liés à la vie réelle. On comprend aussi aisément pourquoi le système économique britannique a toujours été au-dessus des autres systèmes.

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